Les bus et les tramways ne sont pas rentables

Le rapport annuel de la Cour des comptes a épinglé les transports publics urbains de voyageurs. Les dépenses sont en hausse de 15% et les ressources en baisse. Le Ministère des transports a tablé en 2012, sur 9 milliards de dépenses pour financer les 287 réseaux de transports publics des villes de province. Les recettes ne couvrent pas les frais titanesques de fonctionnement. La Cour des comptes n’a pas intégré dans ce prévisionnel et c’est volontaire, l’immense réseau de transports d’Île-de-France qui a également un coût important puisque de nombreux Franciliens travaillent à Paris. Le plus surprenant est que le taux de fréquentation des transports publics urbains a augmenté de plus de 25% en dix ans mais les recettes (tickets, abonnements, etc.) ne constituent même pas le tiers du coût de fonctionnement. Pire encore, les chiffres sont à la baisse, à l’instar des subventions publiques de complément.

On comprend mieux que la Cour des comptes se soit penchée sur le problème. Autre source d’inquiétude, le coût moyen kilométrique d’exploitation des transports publics est en hausse à mesure que les réseaux s’étendent. Prenons l’exemple de Nice. La capitale azuréenne agglomère 19 nouvelles communes qui relient la métropole et son réseau de transports publics. Ces villes ne sont pas toutes limitrophes puisque certaines se trouvent en zone rurale ou montagnarde! La rentabilité en pâtit.

Les distances ne sont pas les seuls facteurs de déficit. Les tarifs forfaitaires ou sociaux qui représentent 30%, sont trop bas. Au même titre que les tarifs normaux qui ne sont pas indexés sur l’inflation. La Cour des comptes suggère d’augmenter les tarifs et d’accorder des réductions en corrélation des revenus et non au regard des statuts des usagers. Dernier point qui impacte la rentabilité: le personnel des transports publics. La moitié des employés travaillent moins de 35 heures et profitent de plus de 32 jours de congés annuels en moyenne..