Londres, ville de restrictions

Comment se projeter dans le futur pour découvrir ce qui risque de nous arriver? Il suffit de regarder chez nos voisins pour avoir un aperçu des restrictions envisageables dans les grandes agglomérations. Traversons le Chanel et voyons comment Londres gère son trafic routier. Depuis plus de dix ans, elle a instauré un péage urbain afin de réduire les embouteillages et par la même occasion, la pollution. Les automobilistes doivent s’acquitter d’une somme de 10 livres (13,9 euros) par jour pour circuler dans la capitale anglaise. Ce péage s’applique de 7 à 18 heures, sauf le week-end et les jours fériés. Les parkings sont également tous payants à Londres et dans son agglomération. De nombreux agents verbalisateurs patrouillent pour traquer les fraudeurs. Ces derniers s’exposent à une amende de 130 livres (181 euros), descendues à 65 livres (90 euros) si l’amende est réglée sous 14 jours.

Qui peut passer à travers les mailles du filet? Sont épargnés: les deux-roues, les chauffeurs de taxis agréés, les voitures transportant les handicapés, les véhicules de plus de neuf sièges (bus) et ceux des services d’urgence. Autres catégories exemptées de péage, les véhicules électriques, les voitures et utilitaires légers hybrides rechargeables, ainsi que les véhicules légers qui émettent moins de 75 g de CO2/km et qui sont conformes à la norme Euro-5. Le plus surprenant est qu’il n’existe pas de poste de péage. Les conducteurs sont avertis par des indications sur la chaussée quand ils entrent et sortent de la zone de péage. Ils s’acquittent de leur «participation» quand ils s’enregistrent dans une base de données. Ainsi, le paiement du forfait journalier peut s’effectuer de manière automatique grâce au système CC Auto Pay qui permet en outre de bénéficier d’une réduction d’une livre, par internet, par SMS ou par courrier. Les sommes récoltées par la ville de Londres servent à améliorer la qualité des transports. A titre d’exemple, en 2012/2013, le péage urbain a rapporté 139 millions de livres de revenus nets, soit 194 millions d’euros. Une affaire juteuse…