Que penser des véhicules automatiques ?

Régulièrement de nouveaux projets sont avancés pour parfaire le trafic automobile, son confort et sa sécurité. Parmi ceux-ci la voiture automatisée est considérée comme une innovation importante, censée devenir la norme mondiale en matière de transport terrestre. Cependant, force est de constater que l’enthousiasme, déclenché par les annonces sur la progression de cette ambitieuse idée, est à juste titre refroidi par les questions de ceux qui doutent de sa faisabilité. A vrai dire leurs arguments se tiennent. Certes s’ils ne convaincront pas forcément les plus optimistes, mais ils confirmeront les peurs des septiques.

Le concept de la voiture sans chauffeur n’est pas nouveau, déjà en 1939 la prestigieuse compagnie General Motors s’était mise à cogiter sur ce thème mais sans succès au vue du peu de technologies disponibles alors pour relier efficacement véhicule et route. Ses obstacles techniques ont peu à peu disparu et dans les années 80-90 des travaux pertinents sont apparus afin d’automatiser les autoroutes et permettre les communications (via capteurs) entre les véhicules et réseaux routiers. Cette fois, se sont les moyens financiers qui ont empêché le développement de ces systèmes jugés beaucoup trop coûteux. Finalement les recherches, effectuées dans les années 2000, ont abouti sur une nouvelle forme d’automatisation, celle concentrée dans le véhicule-même qui est donc indépendant et affranchi d’autres systèmes extérieurs. Cette fois plus besoin d’investir sur la route, les engins embarqués (GPS, radar, laser) sur le véhicule suffisent totalement. Ceux-ci d’ailleurs allient aujourd’hui une efficacité redoutable et un prix moindre.

Le projet semble séduisant mais les détracteurs se plaisent à souligner les failles du produit. Imaginer une longue file de véhicules automatiques sur la route, à l’image des convois ferroviaires, c’est remettre en cause la sécurité même du trafic routier, les règles de transport par train étant extrêmement plus exigeantes que celle sur la route. Faudrait-il devoir repenser les règles de sécurité sur grand axe routier ? Autre problème mentionné, qui serait responsable lors d’un accident de la route ? La voiture automatique ? Les assureurs demanderont-ils une baisse de la vitesse moyenne autorisée ? Enfin si l’introduction de ce type de véhicule révolutionnaire s’effectue réellement, il reste, avec les technologies dont nous disposons maintenant, un outil citadin, pour des trajets préétablis à faible vitesse. C’est par conséquent un produit destiné à occuper une niche commerciale. Pas une inondation du marché. D’autant que la vitesse de renouvellement du parc automobile en général étant lente, il faudra attendre encore longtemps pour voir et conduire ces engins automatisés.

L’idée est bonne et chargée d’espoir mais il reste beaucoup d’obstacles à supprimer avant de laisser prendre son envol à la voiture automatique. Pour le moment, prenons plaisir à les voir évoluer dans les films de science-fiction.