Wuhan veut devenir la capitale de l’automobile

La rivalité ne concerne pas que les entreprises. Les villes se livrent également des batailles sans merci, ne serait-ce que pour avoir le monopole d’une industrie. L’illustration la plus fragrante est le duel qui oppose les deux mégapoles chinoises Wuhan et Chongqing. La première citée représente la septième ville au monde en termes de production de véhicules. Elle produit chaque année 1,13 million d’unités. Un bilan flatteur mais qui n’égale pas celui de Chongqing où ont été assemblés 2,3 millions de voiture en 2014. Soit deux fois plus.

Wuhan nourrit l’ambition de changer ce rapport de force. Avec ses onze millions d’habitants, elle doit combler une forte demande de véhicules neufs. Actuellement, le parc automobile de ses habitants avoisine les deux millions d’unités. Autre enjeu de taille pour Wuhan, elle est le siège de Dongfeng, l’un des principaux constructeurs chinois. La société a tissé des liens importants avec des constructeurs étrangers. Autre atout pour Wuhan, elle est située au c?ur de la Chine et se trouve bien desservie grâce à des autoroutes et le fleuve Yangzi Jiang très emprunté. Sa situation stratégique fait que Wuhan est appelé le «Chicago de la Chine». Enfin Wuhan est une ville universitaire. Ce qui constitue une mine de futurs techniciens et ingénieurs…

Dans un pays où la démesure grandit au même rythme que le communisme diminue, Chongqing sait jouer de son envergure. Avec une superficie totale de 82401 km², soit la même surface que l’Autriche, Chongqing accueille une population de dix-huit millions habitants, sans compter ceux qui logent dans les banlieues. Soit un réservoir inépuisable de main d’oeuvre dans le domaine de l’industrie automobile. On comprend mieux que Chongqing ait actuellement le monopole. Mais pour combien de temps ?